Mondial 2026 : Autopsie du crash des Lions de la Téranga face à la Belgique
Alors qu'il tenait sa qualification pour les huitièmes de finale à cinq minutes du terme, le Sénégal s'est écroulé de manière inexplicable face aux Diables Rouges (2-3, ap). Choix tactiques contestés de Pape Thiaw, climat extra-sportif pesant et erreurs individuelles : retour sur les raisons d'un immense gâchis en seizièmes de finale.

Le football africain a perdu l'un de ses plus fiers représentants de façon dramatique. Mercredi, à Seattle, le Sénégal a sombré face à la Belgique lors des seizièmes de finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026. Pourtant, les Lions de la Téranga avaient toutes les cartes en main : une maîtrise quasi totale des débats et deux buts d'avance jusqu'à la 85e minute. Il n'aura fallu que trois petites minutes pour que tout bascule et que le rêve ne s'envole. Le film du naufrage en trois actes L'effondrement sénégalais s'est joué en trois coups de poignard successifs : 86e minute : Romelu Lukaku redonne l'espoir aux Diables Rouges en réduisant l'écart. 89e minute : Profitant d'une sortie très hasardeuse du gardien Mory Diaw (doublure d'un Benjamin Mendy forfait sur blessure), Youri Tielemans signe le but égalisateur. Fin des prolongations : Le capitaine belge scelle définitivement le sort du match en transformant un penalty. Pour le Sénégal, déjà meurtri cette année par la perte de la Coupe d'Afrique des nations sur tapis vert face au Maroc (une affaire portée devant le Tribunal arbitral du sport), la pilule est extrêmement amère. L'heure des comptes : Pape Thiaw sur le gril Dès le coup de sifflet final, la quête des responsables a débuté. Au centre des critiques se trouve le sélectionneur Pape Thiaw, pointé du doigt pour sa gestion humaine et ses choix tactiques en fin de rencontre. Le quotidien Le Soleil n'a pas hésité à qualifier sa prestation de « coachmardesque », estimant que ses remplacements ont totalement rompu l'équilibre de l'équipe. La tension s'est d'ailleurs déplacée sur le terrain des réseaux sociaux. Remplacé à la 66e minute par Lamine Camara — impliqué plus tard sur le penalty concédé —, le milieu de terrain Pape Gueye a exprimé sa colère sur Instagram, annonçant sa mise en retrait de la sélection nationale tant que le staff technique actuel resterait en place. En réponse, Pape Thiaw a tenté de calmer le jeu en conférence de presse, invoquant une usure physique inévitable : « Certains protagonistes étaient fatigués [...]. On était obligés de faire des changements. Maintenant, voilà, il faut accepter, c'est le football ». Un argument balayé par l'ailier Crépin Diatta, qui a fustigé un manque de préparation psychologique : « À ce niveau, ce n'est plus une question de détails, mais d'état d'esprit [...]. Si mentalement tu n'es pas prêt, tu dois te poser des questions ». Un fiasco tactique et extra-sportif prévisible ? Si l'entraîneur français de la Belgique, Rudi Garcia, a souligné avec une pointe de condescendance que les formations africaines avaient tendance à « perdre leur structure tactique vers la fin du match », le mal sénégalais semble plus profond. Sur le terrain, les attaquants peuvent regretter de nombreuses occasions manquées qui auraient pu mettre les Lions définitivement à l'abri. Mais les signaux d'alerte s'étaient déjà manifestés bien avant la compétition. Lors des matchs de préparation, les vice-champions d'Afrique avaient affiché d'inquiétantes faiblesses, s'inclinant face aux États-Unis et concédant le nul contre l'Arabie Saoudite. Durant ce Mondial, l'équipe a d'ailleurs essuyé trois revers en quatre matchs contre des nations européennes, ne sauvant l'honneur que face à l'Irak. Comme le souligne le site d'informations SeneNews, les coulisses de la sélection ont également été polluées par de lourdes tensions administratives et logistiques : interrogations sur l'organisation de la délégation, rumeurs de primes impayées et instabilité autour du staff. Une accumulation de facteurs toxiques qui n'a pas permis d'aborder la compétition sereinement. Le quatrième éliminé du continent Attendu comme un outsider ambitieux sur le sol américain, le Sénégal quitte la compétition la tête basse, laissant une impression de terrible gâchis et d'amateurisme. Les Lions de la Téranga deviennent ainsi la quatrième nation africaine à être éliminée de justesse lors de ces seizièmes de finale, après l'Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire et la RD Congo. De son côté, la Belgique poursuit sa route et affrontera les États-Unis le 6 juillet à Seattle.
Commentaires (2)
Quelle déception... à 5 minutes de la fin, on ne peut pas craquer comme ça ! Pape Thiaw doit revoir sa copie tactique.
On avait le match en main, c'est trop dur pour nous. Les Diables Rouges étaient plus réalistes, c'est tout.